Le Codex est un manuscrit
peint à la main recouvert d’inscriptions
pictographiques. Il peut être maya ou
aztèque, soit "opistographe"
(c’est-à-dire écrit des deux
côtés) ou "anopistographe"
(écrit d’un seul côté). A
noter qu’en latin on dit un codex au singulier, des codices au
pluriel. Pour plus de commodité, dans ce site, nous
utiliserons les deux formes: "des codex" ou "des codices".
Les codices sont écrits sur de l´écorce
d´arbre, du cuir animal (peau de cerf) ou
fabriqués à base de fibre
végétale comme le maguey, une espèce
de cactus très courante au Mexique. On trouve
également des codices en toile de coton tissée.
Sur cette surface, les aztèques enduisaient une couche
d’amidon ou de calcaire. Cette matière servait
à faire de longues bandes que l´on repliait en
accordéon.
Les fibres végétales nécessaires
à la réalisation des codices viennent des
écorces internes de différentes
variétés d’arbres, comme le Ficus Morus
ou le Maguey (sorte de cactus). Les fibres encore humides sont
empaquetées (photo n°1) et prêtes
à être vendues aux artisans.
Ceux-ci font cuire ces fibres dans de l’eau
mélangée à de la cendre et de la chaux
pendant 6 heures. L’artisan dépose ensuite de
fines bandelettes parallèles sur un cadre en bois,
horizontalement et verticalement (photo n°2).
Avec un pierre-pilon rectangulaire (photo n°3)
l’artisan écrase progressivement les fibres
jusqu’à les enchevêtrer et obtenir une
surface uniforme (photo n°4).
Après séchage au soleil, on obtient une feuille
de papier de 40 x 60 cm en moyenne. Certaines feuilles peuvent
néanmoins atteindre 120 x 80 cm. De nos jours, ce papier
indigène aussi appelé « amatl
» est encore utilisé au Mexique, par exemple
à San Pablito ou à Xalitla. Il sert de support
à des œuvres d’art contemporain ou
populaire, avec des dessins naïfs vendus aux touristes.
Codex mayas
De façon à pouvoir lire d´un
côté comme de l´autre. Du plus petit
(12x12cm) au plus grand (40x40 cm) les codices suivent le
modèle du pliage en accordéon mais parfois aussi
en rouleau, voire en bande verticale. Une fois
dépliés, certains codex peuvent mesurer plus de
10 mètres de long, comme le Codex Borgia.
Codex mayas
Les scribes-enlumineurs étaient nommés
«tlacuiloani», ou scribes-peintres car les livres
étaient remplis de glyphes richement
décorés. Ces scribes-peintres recevaient une
formation religieuse très poussée et ils
étaient très respectés pour leur
savoir. Les codex leur servaient d´aide-mémoire et
de source de référence pour raconter des
récits historiques, mythologiques ou religieux. En effet, la
récitation et la transmission orale avaient une grande
importance dans les sociétés
précolombiennes.
Codex mayas
Les manuscrits étaient considérés
comme sacrés, ils étaient
protégés par une peau de jaguar et
conservés dans des lieux appelés «
amoxcalli » (de « amoxtli » "livre" et
« calli » "maison"). Les codices étaient
lus et conservés par les classes dirigeantes,
prêtres et seigneurs, en tant que gardiens du savoir. Le
livre constituait alors un symbole de pouvoir sur le peuple.
Codex mayas
Avant la conquête espagnole, il existait de
véritables bibliothèques de codex. De nombreux
ouvrages ont été détruits avant la
conquête. L'empereur aztèque Itzcoatl aurait fait
brûler de nombreux ouvrages, pour pouvoir
réécrire l'histoire mexicaine sous un jour plus
favorable aux Aztèques. Ainsi il pensait détruire
également l´histoire et la culture des vaincus.
Codex mayas
Nous ignorons le nom qui était attribué aux codex
avant la conquête espagnole. Les codices peuvent porter le
nom d'un collectionneur, comme le «Codex Laud»,
éventuellement celui du collectionneur et de
l'éditeur, comme le «Codex
Zouche-Nuttall». Certains portent le nom de l'endroit
où ils sont conservés, comme le « Codex
Vindobonensis», conservé à Vienne, ou
le «Codex Borbonicus», conservé au
Palais-Bourbon à Paris. La plupart des manuscrits coloniaux
portent le nom de leur lieu d'origine, comme le «Lienzo de
Tlaxcala». Enfin, certains sont connus sous plusieurs noms
(le Codex Mendoza ou Codex Moctezuma) et d’autres sont
même renommés par les scientifiques en fonction
des nouvelles découvertes !
Codex mayas
La plupart des codices sont des « Tonalamatl
», des
« livre des
jours »,
c’est-à-dire des almanachs divinatoires
divisés selon les vingt périodes de treize jours
qui constituaient le calendrier rituel de 260 jours appelé
«tonalpohualli». Ces ouvrages étaient
consultés par les prêtres lorsqu'il fallait donner
un nom à un nouveau-né, pour prédire
son destin, fixer la date d'un mariage, partir en voyage
ou lors de
quelque autre événement important. Mais au fait,
connaissez-vous votre
signe astrologique aztèque? Pour le
découvrir, rien de plus facile, cliquez sur http://membres.lycos.fr/sylvelie
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plus qu'à rentrer
votre date de naissance pour lire ce que votre
destin vous réserve !
Codex mayas
La plupart des codices mexicains ont été
dispersés dans des pays européens : on en trouve
notamment à Paris, à Vienne, à
Londres, à Dresde, à Madrid et au Vatican. Le
gouvernement mexicain en a réclamé certains, au
nom du patrimoine historique et culturel national. Ce fut le cas du
Codex Badianus, rendu de très mauvaise grâce au
Mexique par la Bibliothèque Apostolique du Vatican. On
raconte que le cardinal bibliothécaire conserve encore
l’étui original qui protégeait ce
codex…
Codex mayas
Ces manuscrits originaux peints à la main sont des
œuvres d’art uniques, derniers témoins
de cultures aujourd’hui disparues. Leur état de
conservation actuel ne permet plus de les exposer aux yeux du public.
Après avoir été scannés
puis numérisés, certains ne seront plus jamais
touchés par la main de l’homme. C’est le
cas notamment du Codex Colombinus (voir photo).
Codex mayas
Ces mystérieux codices continuent de fasciner le public actuellement et sont la source d’inspiration de nombreux
artistes. Ceux-ci s’inspirent de
l’esthétique des codices précolombiens
pour réaliser de nombreuses œuvres
d’art. Voici quelques exemples:
Peinture naïve réalisée sur du papier
traditionnel "amate"